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Evo Morales : 63% à la hausse. Pas trop « déçu » ?

Ou : « un JDD, ca ment énormément »

mardi 8 décembre 2009, par Daniel Viñar Ulriksen

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No hay cosa más sin apuro
que un pueblo haciendo la historia
No lo seduce la gloria
Ni se imagina el futuro
Marcha con paso seguro
Calculando cada paso
Y lo que parece atraso
Suele transformarse pronto
en cosas que para el tonto
Son causas de su fracaso
Alfredo Zitarrosa

Il n’y a rien de moins pressé
qu’un peuple faisant l’histoire
Il n’est pas séduit par la gloire
Et n’imagine pas le futur
Il marche d’un pas sûr
En calculant chaque pas
Et ce qui semble être un retard
Bientôt se transformera
En ce qui pour le bêta
Sera causes de son échec.
Alfredo Zitarrosa

Dimanche soir on a fêté jusqu’à tard dans la nuit la victoire d’Evo Morales, avec plus de 63% des voix — et encore, il reste à comptabiliser les chiffres des zones rurales, qui lui sont généralement plus favorables.

6 décembre 2009 - Place Murillo - La Paz
©Laura Bobitzky

Evo Morales est sans doute le Nelson Mandela de l’Amérique Latine. L’arrivée au pouvoir en Bolivie d’un indien, qui se revendique comme tel, qui représente les exclus de 500 ans d’état colonial et qui entreprend des changements profonds dans ce pays, est clairement comparable à la fin de l’apartheid en Afrique du Sud.

Quoi qu’il arrive, rien ne sera jamais plus comme avant en politique en Bolivie. Les postes de pouvoir ne sont plus réservés aux blancs. La corruption n’est pas un mal inévitable. Changer la constitution pour servir l’intérêt général, c’est possible.

Ayant commencé sa trajectoire politique en ’97, avec un peu moins de 4% des voix, arrivé en 2002 dans une deuxième position qui ébranle les pouvoirs établis, Evo Morales gagne les élections en 2005 avec une majorité absolue de plus de 54% au premier tour. Entre temps il a fallu des luttes populaires, “la guerre de l’eau” et “la guerre du gaz”, “octobre noir”, lorsqu’en 2003 “Goni” envoie tirer sur la foule, puis, suivant une mode grossière et trop habituelle en ce début de millénaire en Amérique Latine, plutôt que de démissionner, ce président assassin et décrié s’enfuit à l’étranger en hélicoptère.

Après une période transitoire, dont on retiendra les référendums populaires qui donnent aux dirigeants le mandat clair d’une réforme profonde des institutions et de récupération des ressources naturelles du pays, Evo Morales arrive au pouvoir, porteur d’un immense espoir populaire de changement. Rapidement il entreprend l’organisation d’une assemblée constituante et met en œuvre son programme de nationalisations. Rapidement, mais dans le plein respect de l’ordre constitutionnel, en dialoguant avec l’opposition – qui garde une majorité au Sénat et dans les régions –, avec les entrepreneurs boliviens et les entreprises étrangères, avec les mouvements sociaux, avec les instances internationales, avec la presse.

L’opposition, propriétaire de tous les médias, lui fait une guerre systématique et déloyale. Prévoyante, et alors que le pays clamait un changement complet, elle avait fait passer une “reformette”, transformant les préfets –jusque là représentants de l’état central– en sortes de gouverneurs élus directement. Jouant sur cette opposition historique à un centralisme abusif qu’elle a elle même construit, cela lui donne une majorité des départements, même si tous ceux-ci réunis sont loin d’atteindre la moitié de la population.

Elle met des exigences sur la loi électorale pour la constituante, puis elle sabote le travail de l’assemblée. Fin 2007, le gouvernement fait aboutir la constitution quelque peu aux forceps, mais sans entrave au processus démocratique. Premier trimestre 2008, la droite régionaliste organise unilatéralement dans plusieurs départements des référendums “autonomistes” (quasi sécessionnistes, en fait), qu’elle gagne par absence de l’officialisme. Pour la constitution, son slogan est “majorité = dictature, 2/3 = démocratie”, évoquant la forme de vote qu’elle exigeait. Pour les “statuts autonomistes”, pas de problème à ce qu’ils soient rédigés hors de toute instance élue, et largement méconnus du public.

On finissait alors par croire à ce que nous assénait constamment la presse : que si une élection avait lieu, Evo Morales n’aurait plus que l’ombre du soutien initial. Pourtant, l’opposition refusait obstinément l’idée d’un référendum révocatoire de mi mandat pour le président, le vice président et les préfets élus. Mais quand cette consultation a finalement eu lieu, elle est déjà sans appel : plus de 67% des boliviennes et boliviens ratifient Evo Morales et Alvaro García Linera. Le soir même, Costas, le préfet de Santa Cruz, traite Evo Morales de “dictateur” et de “macaque”.

Peut être par réflexe de bête blessée, en septembre 2008 l’opposition tente sa dernière cartouche d’un coup d’état violent, appelant à l’insurrection, se vantant à la télévision d’attentats contre un oléoduc et autres infrastructures vitales du pays. Les paysans marchent sur les villes de l’orient riche en pétrole et bétail. Les fonctionnaires publics voient, impuissants, les vandales détruire les infrastructures publiques. Les policiers respectent scrupuleusement l’ordre de ne pas répondre aux provocations et, se faisant eux mêmes frapper et au risque de leur vie, ils ne tirent pas un seul coup de feu.

Le crime a lieu à Pando, en ce troisième 11 septembre, des milices et paramilitaires liés à la préfecture de ce département isolé dans la jungle tendent une embuscade à une colonne de gens du peuple venant défendre l’état national contre l’insurrection putschiste. Plus de 20 morts sous les balles, plus de 80 disparus, indiens ne sachant pas nager qui n’ont d’autre échappatoire que de se jetter dans un fleuve turbulent et profond au milieu de l’Amazonie. Quelques mois après, un rapport d’enquête internationale de l’Unasur et du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU conclut qu’il s’est agi d’une tuerie, d’un crime contre l’humanité relevant de la justice ordinaire.

Et voilà qu’aujourd’hui, ayant négocié pas à pas avec une opposition malhonnête et déloyale tout au long d’un chemin de croix démocratique pour aboutir aux premières élections générales de l’État Plurinational de Bolivie, Evo Morales et son équipe sont réélus avec plus de 63% des voix jusqu’en 2015. Une victoire franche, plusieurs départements de la “media luna” rejoignent la majorité d’un gouvernement pluriel et de dialogue. Un gouvernement qui s’acharne à démontrer qu’une autre Bolivie est possible, une Bolivie qui déjà dit haut et fort au monde qu’un autre monde est possible.

***

Ayant participé pendant ces deux dernières années, avec ma petite goutte de labeur et de passion, aux changements qu’entreprend ce pays, je m’en sens très heureux. Et même, avouons-le, un peu fier.

Dans un pays qui hérite de 500 ans d’état colonial et de bureaucratie importée, organiser et conduire un ouvrage n’est pas chose facile. Des tas de démarches à chaque étape, et chaque démarche est une entrave. Un système construit par deux décennies de néo-libéralisme qui, sous argument "d’efficacité", réduit l’état à son plus simple appareil, le dépouillant de son devoir de servir l’intérêt général mais conservant les fils de marionnettiste nécessaires au intérêts des puissants. Pourtant dans sa sagesse, le gouvernement d’Evo Morales a donné consigne de respecter la loi et la règle. On changera cela peu à peu, démocratiquement et légalement.

Cela peut être exaspérant pour qui attend des changements plus radicaux. C’est surtout injuste pour qui espère simplement l’équité et la justice sociale. Mais la tactique est claire : face à la violence, la paix, face aux fantaisistes accusations de limitations de liberté, patience et respect scrupuleux de la règle, même sous les insultes et le mépris. Quand on y regarde de près, simultanément aux immenses changements entrepris et malgré les innombrables entraves, ce premier mandat d’Evo Morales est sans doute l’une des plus longues périodes de stabilité du pays depuis des siècles.

Nous sommes ainsi plusieurs, venus spontanément et individuellement soutenir cette révolution démocratique. Venus comme les brigades internationales étaient venues au secours de la république espagnole, menacée par le fascisme de Franco. Et nous la soutenons et l’encourageons encore.

L’heure n’est pas au “bilan”, l’heure est à l’engagement, sachant simplement que cette fois-ci nous n’avons plus droit à l’erreur. Ce premier mandat, où l’opposition fait tout ce qui est permis (et ce qui ne l’est pas) pour tenter de renverser ou faire échouer un gouvernement populaire, cette phase de processus constitutionnel, ont donné à ce mouvement sa pleine légitimité institutionnelle et un deuxième mandat franc. C’est maintenant qu’il faudra montrer la capacité de construire un appareil d’état juste et efficace, pour mettre en œuvre les règles et les projets démocratiquement établis.

***

Dans tout ceci, alors, comment peut-on parler “d’être déçu” ? Pourquoi ce mot incongru à la fin du titre de ces lignes-ci ? Eh bien c’est simple : dans un article du JDD, je me retrouve avec trois autres “expatriés” comme l’un des “décus de Evo Morales”.

Après avoir pris soin de parler explicitement avec chacun, j’informe ici que ni Victor Roldán, ni Hervé do Alto, ni Louca Lerch, ni moi-même ne nous considérons comme des “décus d’Evo Morales”. C’est à dire qu’AUCUNE des quatre personnes qui sont interviewées, ne se sentent en quoi que ce soit reflétées dans le titre de l’article. 100%, la TOTALITÉ des personnes citées, considèrent leur propos trahis par le titre et par le contenu de cet article mensonger du JDD. Un “attentat idéologique”, me disait Víctor scandalisé, le seul des quatre que je ne connaissais pas jusqu’à ce matin, où je l’ai appelé pour lui demander son avis.

Qu’on le dise et qu’on le répète : AUCUN D’ENTRE NOUS N’EST UN DÉÇU D’EVO MORALES. Et plusieurs, au contraire, nous nous considérons comme de fervents défenseurs et supporters de cette révolution démocratique. Même si les citations sont exactes, elles sont à un tel point sorties de leur contexte et absolument contraires à l’essence de notre pensée, qu’elles constituent des mensonge éhontés et déloyaux.

Vous venez de me lire au sujet de la Bolivie. De plus de deux heures d’interview sur le même ton et avec un contenu similaire, Jean-Baptiste et Julie Mouttet, les deux pigistes en vacances (qui ne parlent pas un traître mot d’espagnol, moins encore d’Aymara ou de Quechua) ne retiennent que trois mots : “une bureaucratie crasse”.

Oui, j’ai probablement dit ces mots. Mais je parlais de la bureaucratie héritée de 500 ans d’état colonial, qui malheureusement sévit encore.

Les systèmes corrompus sont en fait les plus bureaucratiques. Il y a pléthore de règles inutiles et contradictoires. En fait, dans un système corrompu, la règle n’a pas de solution viable. La seule manière de résoudre les choses, c’est de sortir de la règle, par la corruption justement. Et une des immenses difficultés de la situation actuelle, c’est que des fonctionnaires intègres, révolutionnaires, et souvent peu formés, ont le souci et l’instruction d’appliquer cette même règle. Ce système n’ayant pas de solution, et face une lutte drastique contre la corruption, les choses ne se font pas, ou se font moins. Et c’est bien difficile de faire comprendre et faire valoir qu’aujourd’hui ce qu’il faut appliquer en premier lieu, c’est la nouvelle Constitution, approuvée par plus de 62% du vote populaire.

Sortir de leur contexte ces trois mots : “une bureaucratie crasse”, c’est de la malhonnêteté pure et simple.

Comment sommes nous tombés dans ce piège grossier ? Avant le rendez-vous, j’avais demandé : “si c’est pour faire un article qui casse du sucre sur Evo Morales, c’est pas la peine, je refuse l’interview”. “Oh ! Non, pas du tout ! D’ailleurs en général on travaille surtout pour Politis”. “On a fait l’école de journalisme”. Et tout un tas d’arguties du même genre pour gagner la confiance.

Même, une fois la pige publiée, ils essaient de passer pour les gentils naïfs : “Nous avons été aussi étonnés que vous en le lisant puisque notre titre était : "Bolivie : le bilan positif mais désillusionné des expatriés".” Leur texte initial est certes un peu moins grossier, mais à peine. Je ne me sens pas non plus “désillusionné”, je ne me reconnais aucunement dans ce terme "d’expatrié", et les quelques citations coupées sont tout aussi tendancieuses, décontextualisées et malhonnêtes.

In fine, la tactique derrière leurs questions insistantes est claire comme de l’eau de roche. Les deux pigistes apprentis de la presse de vendeur d’armes, Jean-Baptiste et Julie Mouttet, avaient en fait une commande de la rédaction du JDD : trouver les “expats” déçus (ou “desillusionnés”) de Evo Morales. De préférence quelques gauchos un peu ringard, histoire de continuer de conclure à “la fin de l’histoire”.

Ils les cherchent, mais ne les trouvent pas. Et l’article est pour ce dimanche. Alors tant pis pour la déontologie —faut bien bouffer—, on découpe quelques mots qui vont bien pour que la pige réponde à la commande. D’ailleurs, ils le disent eux-mêmes, en réponse à mes protestations : “Nous ne pensons avoir déformé tes propos, nous les avons seulement sélectionnés en fonction de nos besoins dans l’article.” Édifiant.... Maintenant, la “déontologie”, c’est comme jadis le droit d’auteur (lorsqu’on ne le confondait pas avec les oxymorons de la “propriété intellectuelle”) : ça porte sur la forme, pas sur le fond.

Dimanche, dans le “forum” de l’article, je tente de poster une réaction : “Je suis l’un des interviewés de cet article, qui est un tas de mensonges, et j’exige un droit de réponse, au moins aussi long. La Bolivie effectue actuellement un changement profond, avec une nouvelle constitution, laïque et plurinationale, plus de justice sociale, etc. Contre insultes, mensonges, tentatives coups d’état, racisme et violence, elle maintient paix, démocratie, et libertés.

Le JDD s’en fout. Même envoyé aux deux pigistes et dans l’espace “abus” du site du torchon, histoire qu’ils puissent vérifier que j’en suis la source, pas de réponse. Un seul commentaire via “3615 Claire” encense l’article : “Très bon article, bien renseigné et bien argumenté, merci”. Mardi suivant, alors l’article n’est plus en homepage, s’ajoute un deuxième commentaire, un peu contestataire histoire de faire polémique, mais toujours ignorant allègrement la malhonnêteté journalistique des procédés. Non content de pervertir la vérité, le JDD a la malhonnêteté de refuser un droit de réponse et le mépris de ne même pas y répondre.

Il y a quelques mois, un article dans le Diplo soulignait les ravages de l’absence d’investigation dans la presse d’aujourd’hui. Les journalistes sont évalués à l’abondance, à la régularité et surtout à “l’audience” de leur production – même s’il ne s’agit que de strip tease de blogeur – et non pas sur leur capacité et le sérieux de leur investigation, pilier du journalisme comme quatrième pouvoir s’il en est. Mais c’est peut être bien moins et bien pire que cela : quelle est la proportion du contenu de la presse qui n’est qu’un mensonge éhonté, construit selon un procédé où la conclusion conforme aux intérêts suprêmes des patrons du journal est posée d’avance, et dans laquelle il s’agit, coûte que coûte, contre tout critère d’étique et d’honnêteté, de trouver les justifications qui serviront ces intérêts ?

On peut même se demander quel besoin ils ont de payer des pigistes, quel besoin ils ont d’interviewer des vraies personnes, quelle différence il y a à tout simplement tout inventer ? Le risque d’un procès en diffamation ? Non, ne me faites pas rire...

Peut-être ces justifications sont-elles du même ordre que celles qui conduisaient l’inquisition – et qui conduit encore plus d’un pouvoir fasciste – à chercher coûte que coûte “des aveux”. Même obtenus sous la torture, même construits de toute pièce par des conjonctures de piège plutôt que d’investigation et d’intime conviction de juges impartiaux, des aveux et des preuves restent importants pour les aspirants maîtres du monde qui confondent la vérité et le théâtre de leurs mensonges. Étrange espèce humaine...

P.-S.

Merci à toutes et tous les compañeros qui ont repris et diffusé cet article, en particulier sur les sites suivants :
 rezo.net
 Le Grand Soir
 Investig’Action,
 la Revolución viVe
 Agencia de los pueblos en pié
 Indymedia Bolivia, Indymedia Argentina, Indymedia Paraguay, Venezuela, Colombia, ...
 Un article d’analyse de l’Acrimed qui reprend de larges extraits et qui a été traduit à l’espagnol :

Vos commentaires

  • Le 9 décembre 2009 à 16:49 En réponse à : Evo Morales : 63% à la hausse. Pas trop « déçu » ?

    Salut.

    Juste pour te dire que tu devrais les assigner en justice.

    Répondre à ce message

    • Le 9 décembre 2009 à 23:38, par dani En réponse à : assigner en justice : trop compliqué

      Bof. Je suis en Bolivie et j’ai d’autres choses à faire... Et puis, t’inquiète pas qu’un JDD connaît les juges et la loi, et si elle ne lui convient pas, il peut la faire. Discutant avec des amis journalistes, à peine si on obntiendrait un encart de 3 mots que personne ne lit.

      Et puis, finalement, et surtout, je suis un peu de l’avis de Chomsky : défendre la liberté d’expression, c’est aussi défendre celle de ses pires énemis.

      Ce qu’il faut, tant qu’on est en démocratie, c’est faire tout, tout, tout notre possible pour que tout le monde sache à quel point la presse de vendeurs d’armes ment éhontément.

      Face à ces mensonges, mettre constamment "le décodeur", refuser des interviews aux vendu(e)s, faire notre propre information.

      Répondre à ce message

    • Le 9 décembre 2009 à 23:50, par laurent En réponse à : Evo Morales : 63% à la hausse. Pas trop « déçu » ?

      Il est pas sur du tout de le gagner.
      Il a surement des choses beaucoup plus constructives à faire en Bolivie.

      Répondre à ce message

  • Le 9 décembre 2009 à 23:53, par Julie et Jean-Baptiste En réponse à : Réponse

    Les auteurs se décident à prendre la plume. Vous dites qu’aucune des personnes ne se sent “reflétée” dans le titre. Nous en sommes bien conscients et nous le répétons ce titre n’est pas de notre ressort. Notre titre évoquait bien les deux faces de l’article, à savoir les critiques comme le soutien au MAS.

    Pour le reste, nous assumons. Nous n’avons pas l’impression d’avoir “sali” la Bolivie. Vous dites que ces citations sont sorties de leur contexte. Nous nous sommes entretenus avec sept personnes de La Paz à Santa Cruz. Toutes ont cité les points positifs et les aspects négatifs du mandat d’Evo Morales. La bureaucratie a toujours été citée en exemple négatif. Nous avons d’ailleurs souligné qu’il s’agissait d’un héritage (NDLR : “auparavant, les lois n’étaient pas appliquées et un bakchich accélérait les choses. Aujourd’hui, tout est strictement respecté à la lettre”)

    Oui, nous avons discuté plusieurs heures avec les nombreuses personnes interviewées, oui il n’en reste que des bribes. L’article devait faire 3500 signes pas plus. Que n’aurions-nous essuyé comme critiques si nous n’avions laissé parler que deux personnes ? Est-ce que nous avons occulté les aspects positifs ? Non ( NDLR : Les expatriés s’accordent à saluer les bouleversements symboliques, comme la reconnaissance des indigènes. "Il y a quatre ans, les Indiens ne pouvaient que traverser rapidement les places centrales des villes. Maintenant, la fracture Blancs-Indiens s’atténue." - Paloma Andrade, professeure de français, approuve le programme d’éducation bilingue (langues indigènescastillan) - Le principal acquis reste le développement social. Pourtant, les programmes de bonos, allocations tirées de la nationalisation des hydrocarbures et distribuées aux plus pauvres, sont qualifiés par certains de paternalistes - le MAS reste "un exemple pour une gauche qui n’a pas renoncé à changer le monde". )

    Notre travail n’est pas de se voiler la face sur les aspects négatifs ou positifs, il est de faire un bilan le plus objectif possible. Nous ne faisons notre travail ni pour “appuyer” le MAS, ni pour l’enfoncer, mais pour informer. La plupart des critiques des personnes interrogées ont été faites pour que le MAS aille de l’avant. Ce qui a encore une fois été respecté (NDLR : "Le gouvernement cherche le consensus et négocie avec l’opposition raciste et violente, ce qui ralentit le cours des réformes" )

    En ce qui concerne notre espagnol il est vrai que nous ne sommes pas bilingues mais nous parlons castillan, les entretiens auraient pu se dérouler en espagnol. Nous travaillons depuis près de 5 mois en Amérique du Sud et ce doit être la troisième fois seulement que nous interviewons des Français.

    D’autre part, cela n’est pas de notre ressort et au contraire rend l’article d’autant plus intéressant si les personnes interviewées ne sont pas d’accord entre elles (suite au commentaire de Victor sur le site du JDD, l’exemple du FMI nous a été cité par un interviewé, nous ne l’avons pas inventé).

    Répondre à ce message

    • Le 10 décembre 2009 à 01:08, par dani En réponse à : La manière de citer change tout...

      Eh ! oui ! vous voyez bien : à citer et découper, votre article aurait presque l’air d’une éloge objective du gouvernement bolivien...

      Personne n’a dit que vous n’avez dit QUE du mal. Non, non, le JDD n’est pas aussi directement facho que les medias privés boliviens... pour la simple raison qu’en France, ca ne marcherait pas.

      Mais chacun jugera la valeur de la décontextualisation mediatico-électorale du dimanche et de la contextualisation un peu plus personnelle et historique que je tâche d’en faire.

      PS1 : Maintenant que l’affaire circuile mais quel l’article n’est plus en home, le censeur du dimanche (qui ne m’a toujours pas répondu) [http://www.lejdd.fr/International/Ameriques/Actualite/Les-decus-D-Evo-Morales-155981/#reactions fait relâche], on dirait...

      PS2 : Je retire ce que j’ai dit sur votre espagnol, c’est vrai que je n’ai pas de quoi juger.

      Répondre à ce message

      • Le 10 décembre 2009 à 12:03, par zoul En réponse à : La manière de citer change tout...

        Ce genre de pratiques douteuses est régulièrement commenté, discuté, mis en lumière par ACRIMED, CQFD et d’autres associations et médias attentifs à ces manipulations de la presse douteuse...
        Il est important de leur faire suivre pour diffusion plus importante ce genre d’exemples...
        Bonne suite en Bolivie...
        Du côté du Togo, les élections ne risquent pas de se passer aussi bien que chez vous malheureusement...
        Z.

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    • Le 12 décembre 2009 à 19:58, par jan En réponse à : Réponse

      Aujourd’hui en Europe et surtout en france les journalistes sont des traitres et des collabos (au même sens qu’en 1940) vous n’échappez pas a cette règles.

      Mais chaque matin, c’est tant pis pour vous 2, il vous faut vous regardez en face. J’espere que vous etes obligés de baisser le regard. C’est terrible.....

      Répondre à ce message

  • Le 10 décembre 2009 à 16:49, par azulejo En réponse à : Evo Morales : 63% à la hausse. Pas trop « déçu » ?

    Bravo Mr Evo Moralés pour votre réelection. S’il pouvait arriver la même chose en Colombie et enfin que l’on chasse le Dictateur assassin et fasciste qu’est Urribe et cela serait parfait et enfin chasser apres ces sales bases fascistes que les Amerloques veulent installer en colombie et pas pour la Paix mais pour menacer tout les Pays Latino-américains trop progressistes et trop "Communistes" pour eux !!! VIVA BOLIVIA y VIVA EL PUEBLO.
    Cordialement. Azulejocali.
    Notre site web : http://npatroyesaube.canalblog.com/

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    • Le 10 décembre 2009 à 20:47, par dani En réponse à : Je ne m’exprimerais pas ainsi...

      Par respect de la liberté d’expression, je laisse ce message publié. Mais je tiens à préciser que je n’adhère pas du tout à cette manière de dire les choses.

      S’il est vrai que le président Urrible est sans doute impliqué dans des crimes de sang, il a malheureusement été élu. Le traiter de dictateur, c’est aussi affaiblir le peu de démocratie qu’il reste dans ce pays ravagé par la guerre.

      S’il est vrai que les États Unis sont une puissance imperialiste, et qu’installer des bases militaires étrangères en Colombie est une atteinte à sa souvereineté, dire que c’est un acte fasciste, c’est se tromper de combat.

      C’est aussi un des grands enseignements de cette révolution démocratique en Bolivie : face aux pires insultes, mensonges et autres coups bas, ne jamais se rabaisser aux mêmes procédés déloyaux de l’énnemi. Nous devons rassembler pour défendre les causes justes. A se défouler ainsi, on s’affaiblit.

      Répondre à ce message

  • Le 12 décembre 2009 à 12:21, par azulejocali En réponse à : Evo Morales : 63% à la hausse. Pas trop « déçu » ?

    En réponse à "DANI" qui n’aime pas mes propos et mon message que je réitere d’ailleurs et maintient encore cette fois ne vous en déplaise !!! Urribe est un Dictateur sanguinaire et sanglant et il faut voir comment il est élu en Colombie "avec la peur et la terreur sur les populations dans des régions entières de Colombie par des groupes paraco-narco-militaire" que son gouvernement couvrent. Et j’accuse même ce Président Dictateur de lancer des violentes diatribes contre les Défenseurs des droits de l’Homme et les Syndicalistes Colombiens pour que les Milices d’extrême-droites soutenues par son gouvernement se sentent protèger et même poussées à assassiners ces gens-là par le Président lui-même qui vocifére sa haine en direct dans les médias et dans ses discours publics !!! Et ce Monsieur qui à les mains couvertes de sang et qui est responsable de tas d’assassinats seulement parce que par ces discours ils les encouragent complètement et la police de ce gouvernement soit-disant démocratique dont la police ne protège jamais les victimes même quand celles-ci le demandent et les suppplient de les protègers et alors qu’ils recoivent des menaces de morts !!!. Lisez mon cher "DANI" les rapports d’Amnesty international et vous verrez et ce ne sont pas des gauchistes, eux !. Et ne vous en déplaise "dani" il y à des preuves sonores et visuelles qui sont enregistrers de ces discours d’Urribe déversant ces diatribes haineuses, autoritaires, féroces et ces discours fascisants, extremement violents et insupportables !!! Quands aux Américains ; je maintiens aussi que pour moi c’est des Fascistes car ou est la liberté tant proclamé dans ce pays qui fait des Guerres Impérialistes partout dans le monde et tout cela pour asseoir leur Pouvoir Fascisant et meurtrier et il suffit de voir que les Etats-unis reconnaisse "et s’en est répugnant et honteux" les élections au Honduras là où la violence est utilisé par un autre Dictateur "Michelletti" pour faire taire le Peuple et pour imposer des élections illégales alors aprés cela dire que les USA sont un pays démocratique ou la liberté règne cela fait bien rire !!! Quelle liberté ???. Où est la liberté dans ce pays quand c’est le pays ou les dépenses militaires sont les plus énormes du monde et que de l’autre côté ils laissent des millions d’américains vivrent dans une misère noire ???. Le pays où il y à le plus de Bombes Nucléaires et de bateaux de guerres,d’avions de combat, de tanks, de Missiles, etc,etc,etc !!! Quelle est cette liberté que vous proclamez "dani" ???.
    Celle d’être d’accords avec les multinationales Amerloques ou bien avec le Complexe Militaro-fasciste-industriel ???. Non là "dani" il faut arrêter de nous faire rire et réfléchir un peu plus tout de même et arrêter de regarder Fox Télévision ou CNN !!!.

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    • Le 14 décembre 2009 à 05:00, par dani En réponse à : on ne s’emballe pas...

      azulejocali : ce serait bien de lire avec un peu plus d’attention ce à quoi tu réponds.

      Au cas où tu n’aurais pas fait le lien, dani = l’auteur de l’article où tu es venu laisser un message de forum, et c’est à ce titre que je te répondais.

      Pour illustrer l’importance de la formulation des choses : je suis américain -habitant de l’Abya Yala, aurait on dit il 600 ans- et ce n’est pas très agréable de se voir traiter de fasciste sur son propre site web (même si c’est par quelqu’un qui ne se rend pas compte qu’il le fait). Quand bien même tu parlerais de étasuniens, ils sont plus de 300 millions, difficile de faire de telles généralités.

      Relis posément mon court message (et mon long article) : y a-t-il une seule fois où je nie les faits que tu argumentes avec un ton de tribun ? Comme toi, je condamne clair et fort les violations de la démocratie et des droits de l’homme en Colombie et au Honduras. J’essaie juste de le faire d’une manière plus sereine et précise, ce que je crois plus efficace.

      J’ai plus d’une décennie d’exil causé par des régimes fascistes, et aujourd’hui je tâche d’apporter les quelques connaissances que j’y ai acquises à la révolution démocratique et authentique que construit la Bolivie. Je n’ai pas vraiment besoin de recevoir de leçon dans ces domaines, et je pense qu’avec ces polémiques te trompes de lieu et d’ennemi.

      Merci de ne pas répondre par voie de ce forum, c’est un sujet qui n’a plus de lien à l’article. Il y a plein d’endroit où tu peux poster ton texte, mets-y un lien si tu veux.

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